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La vue d'ensemble

  • Emplois fictifs : le Modem aussi

    Dans les colonnes du Parisien, un ex-assistant de l'ancien député européen centriste Jean-Luc Bennahmias raconte comment il oeuvrait pour le MoDem et non pas pour l'assemblée bruxelloise. L'affaire des collaborateurs de députés du Parlement européen, longtemps circonscrite au Front national, contamine de plus en plus la galaxie Macron. Près de dix jours après l'ouverture d'une enquête préliminaire visant 19 eurodéputés français -parmi lesquels figure l'actuelle ministre MoDem Marielle de Sarnez-, un témoignage publié par Le Parisien ce jeudi craquelle un peu plus le verni de probité tant défendu par le chef de l'Etat et ses alliés centristes. En somme, il accrédite l'idée selon laquelle le parti de François Bayrou aurait fait rémunérer certains de ses employés installés à Paris via l'enveloppe fournie par le Parlement européen pour rémunérer les assistants parlementaires de ses élus. Ce qui est illégal si le travail fourni n'a rien à voir avec des activités parlementaires bruxelloises. Le quotidien a interrogé un ancien assistant de Jean-Luc Bennahmias, député européen issu du MoDem de 2004 à 2014. Cet ex-collaborateur a fourni, mercredi, au parquet de Paris plusieurs documents, notamment son contrat de travail qui le rattachait en 2010 à l'UDF, l'ancêtre du MoDem. Dès le lendemain de la signature de ce contrat, le parti centriste lui a présenté un avenant, qui faisait de lui un "collaborateur" à temps partiel de l'eurodéputé. Problème, cette fonction élective n'étant pas précisée sur l'avenant, ce dernier n'obligeait en rien l'assistant à se cantonner à des dossiers européens. Comme le rapporte par ailleurs le site du Point, le volume horaire à fournir dans le cadre de ce travail auprès de l'élu n'était également pas mentionné. S'ajoute à cela le fait qu'il ne croisait que très rarement Jean-Luc Bennahmias au siège parisien du MoDem, situé rue de l'Université. "J'avais plutôt moins de relations avec lui qu'avec Marielle de Sarnez ou François Bayrou", déclare-t-il au Parisien. Contacté par FranceInfo, Jean-Luc Bennahmias déclare "ne plus bien se souvenir de sa mission". "Il devait gérer ma communication lorsque je montais à Paris", raconte-t-il. L'homme n'a jamais mis les pieds dans la circonscription européenne de son élu, celle du Sud-Est, ni au Parlement européen. Mais grâce à l'avenant, qui modifiait le contrat de permanent du MoDem, l'assistant touchait un salaire provenant à la fois du MoDem (sous l'en-tête "UDF") et de l'association de financement européenne présidée par Jean-Luc Bennahmias. Selon les documents obtenus par Le Point, la part des revenus issus de Bruxelles a progressivement augmenté, atteignant à un stade les trois quarts du salaire total du collaborateur. Enfin, le témoin raconte au Parisien qu'un autre collaborateur de l'eurodéputé lui a demandé une "signature en blanc", dont il soupçonne qu'elle a servi à établir un contrat d'assistant parlementaire au Parlement européen. Interrogé à la fois par Le Parisien et par le site du Point, Jean-Luc Bennahmias ne nie pas les faits, mais s'avère incapable de se souvenir du quota horaire effectué par son assistant. "Comment distinguer la fonction européenne de celle du MoDem, demande-t-il, alors que nous étions tous des spécialistes de l'Europe?"

  • La mémoire des handicappés tués par les nazis

    L'institut allemand Max Planck va entamer en juin l'identification de milliers de restes de handicapés et malades exterminés sous le IIIe Reich, ultime étape dans l'inventaire de cet épisode infamant pour la médecine et la science allemandes. "Peut-on reconstruire l'identité de ces victimes? (...) Dans quelle mesure les échantillons ont-ils été utilisés pour la recherche", pendant la guerre mais aussi "jusque dans les années 1990 ?" s'interroge l'institut dans un communiqué. Cette tâche colossale, qui ravive nombre de questions embarrassantes sur la science allemande, vise à établir en trois ans la première base de données des victimes du programme dit "T4", entamé début 1940 et cyniquement baptisé "programme d'euthanasie" par ses concepteurs nazis. Ce recensement "intègrera des données biographiques basiques concernant les victimes, leur traitement institutionnel et les critères utilisés pour les sélectionner", explique la société Max Planck, qui chapeaute plusieurs instituts spécialisés. "La cause de leur mort sera aussi documentée, de même que les données sur le prélèvement de leur cerveau, le chemin qu'ont suivi les échantillons et les recherches menées sur eux", poursuit cet institut basé à Munich (sud), qui alloue 1,5 million d'euros à ce projet. Entre janvier 1940 et août 1941, plus de 70.000 personnes ont été gazées dans six lieux dédiés prévus par le programme "T4", conçu par une soixantaine de bureaucrates et de médecins pour éliminer les handicapés mentaux ou physiques considérés comme une charge pour la société. Face aux protestations publiques, le programme a officiellement été arrêté mais les meurtres ont continué sous d'autres formes - privations de nourriture, négligence, injections de doses létales d'antidouleurs par de prétendus soignants. On évalue à plus de 300.000 personnes le nombre de victimes totales de ces massacres, jusqu'à la fin de la Deuxième guerre mondiale en 1945. D'autres ont également subi des expériences médicales et des stérilisations forcées en raison de leur infériorité génétique supposée. Mais les sanctions judiciaires ont été rares et la plupart des professionnels impliqués ont simplement poursuivi leur carrière après guerre. La Société Kaiser-Wilhelm (KWI), prestigieux institut scientifique qui utilisait les tissus biologiques des victimes pour ses recherches, est de son côté devenue en 1948 la Société Max Planck. Après des décennies d'oubli, le scandale a resurgi dans les années 1980, avec la démonstration par le journaliste Götz Aly qu'une partie des tissus cérébraux collectés par Julius Hallervorden, ancien médecin chef de la KWI puis de l'Institut Max Planck, appartenait à 38 enfants exterminés en 1940 dans le cadre du programme d'euthanasie. Pour des raisons éthiques, la société Max Planck décide en 1989 d'enterrer tous les restes biologiques appartenant à des victimes du nazisme et charge pour la première fois un groupe d'historiens, en 1997, de faire la lumière sur le rôle de la Société Kaiser-Wilhelm sous le IIIe Reich. "La forme la plus honnête d'excuse consiste à révéler la culpabilité", déclarait en 2001 le président de l'Institut, Hubert Markl, en demandant pardon aux victimes des expérimentations nazies. Mais en 2015, une archiviste découvre une boîte contenant une centaine d'échantillons de cerveaux, issus de la collection personnelle de Julius Hallervoden. Lançant un audit, la Société Max Planck découvre que ses consignes de 1989 ont été inégalement appliquées et s'attache alors à collecter tous les restes provenant de victimes du nazisme. Cette enquête tardive fait écho au travail de mémoire, lui aussi tardif, mené par l'Allemagne sur le "programme d'euthanasie": les familles des victimes, mobilisées depuis des décennies, ont dû attendre 2014 pour voir ériger à Berlin un mémorial dédié à ces hommes, femmes et enfants massacrés en secret.

  • Saut de l'ange

    Le week-end dernier, j'ai réalisé une exepérience peu ordinaire : j'ai en effet réalité un saut en parachute à Cannes ! Bien sûr, vous vous attendez sans doute à ce que je vous relate la chose avec force détails, mais comme je suis d'une nature très enquiquinante, je m'abstiendrai car je n'en vois pas l'utilité. D'une part, il y a déjà pas mal d'internautes qui ont déjà tout dit sur le sujet, et d'autre part, ce qui m'a le plus étonné est en fait advenu après l'expérience. Cette expérience m'a en effet donné envie d'approfondir un peu cette question de gravité terrestre. Et je dois dire que cette dernière est assez insolite, en fin de compte ! C'est une force qui est de tous les instants dans notre vie : nous y sommes exposés 24 heures sur 24, et ce depuis notre naissance. C'est elle qui nous fixe au sol. C'est elle qui a contribué à l'apparition de notre planète et de la lune. Bref, c'est une force qui, pour pas mal de gens, est prodigieusement forte. Les savants la considèrent même comme le liant de l'univers. Nonobstant, c'est aussi une force absurdement faible à l'aune des autres. Un exemple très simple permet de comprendre ce rapport de force : un simple aimant parvient à soulever une boîte de fer, et donc, à dépasser la gravité d'une planète ! Un infime aimant peut donc surpasser la gravité d'un monde de 5,972E24 kg ! C'est que, dans le fond, la force électromagnétique est nettement plus forte que la gravité. Un sextillion plus grande ! Il existe quatre forces aptes à expliquer tous les événements distingués dans l'univers, et la gravité, qui en fait partie, est en fait la plus faible de toutes. Et je ne sais pas pour vous, mais ça change sacrément le regard qu'on peut porter sur notre univers. Quoi qu'il en soit, voici le site où j'ai trouvé mon saut en parachute, si vous aimez les expériences aériennes... Mais attention, tout de même : âmes sensibles s'abstenir ! Ce n'est pas de tout repos (surtout le moment où il faut se jeter dans le vide).