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La vue d'ensemble

  • La fin de la réserve parlementaire

    Les sénateurs ont voté ce jeudi en faveur de la supression de la réserve parlementaire. Reste à savoir comment le dispositif sera remplacé. Un premier pas vient d'être franchi en vue de la suppression de la réserve parlementaire. Les sénateurs ont voté ce vendredi par une très large majorité le projet de loi visant à rétablir la confiance dans l'action publique. Le texte, qui était dans un autre temps le bébé de François Bayrou, fait plutôt consensus au sein de la classe politique. Mais à y regarder de plus près, plusieurs de ses points les plus sensibles ont fait l'objet de débats au sein de la chambre haute. Ce fut le cas de l'interdiction pour un élu d'employer un membre de sa famille en tant que collaborateur parlementaire, rejetée avant d'être votée. Mais aussi de la question de la réserve parlementaire, qui a un temps semblé opposer l'exécutif et les sénateurs. La question est de savoir quoi faire de cette enveloppe de 146 millions d'euros, alloués aux parlementaires annuellement pour leur permettre de financer des projets d'intérêt général. Un dispositif qui a brillé par le passé par son opacité, et qu'Emmanuel Macron a fini par s'engager à supprimer. Dans un premier temps, l'ancien ministre de la Justice François Bayrou avait promis de mettre en place un fonds d'action pour les territoires ruraux et les projets d'intérêt général, qu'il promettait d'être "transparent et soumis à critères précis et publics". Et puis patatras. Mardi 27 juin, devant la commission des Lois du Sénat, Nicole Belloubet changeait complètement de disque en affirmant ne plus pouvoir s'engager sur la mise en oeuvre d'un dispositif de remplacement. Elle justifiait alors ce revirement par des "hésitations entre une affectation soit à un fond territorialement orienté, ou bien à des fonds transversaux autour de politiques plus transversales (...) qui pourraient être la politique pour les handicapés ou je ne sais quelle autre politique publique transversale." Lors de l'examen du texte, les sénateurs ont donc décidé de se réapproprier le dossier. Les élus de droite, majoritaires dans la chambre, ont ainsi introduit la création d'une dotation transparente de soutien à l'investissement des communes. Son montant ne pourra dépasser les 20 000 euros par projet et ne pourrait profiter qu'aux communes rurales. Les associations seraient alors privées du bénéfice direct de la réserve parlementaire et devraient s'en remettre aux mécanismes de subventions des collectivités locales. Il n'est pas dit, dans ces conditions, que le nouveau dispositif fasse l'unanimité. Contactée par L'Express, la Chancellerie préfère pour le moment botter en touche. "Nous garantissons que le projet de loi de Finances maintiendra les crédits de la réserve consacrées aux collectivités territoriales, en utilisant l'outil des dotations de droit commun. Le Sénat a voté une nouvelle forme de réserve, c'est désormais à l'Assemblée de débattre." Aucune mention des associations, une fois de plus. Les regards se tournent donc désormais vers l'Assemblée nationale. Les députés demeurent parfaitement en droit de modifier le texte à leur guise, et sont même invités à le faire par l'exécutif. "Il faut sortir d'un dispositif clientéliste pour financer des projets avec des règles d'attribution qui restent à définir, plaide Sacha Houlié, vice-président de l'Assemblée nationale. Il ne faut ni garder le système actuel ni tout supprimer", poursuit-il. Des règles d'attributions que les associations devraient scruter avec la plus grande attention.

  • L'art de la parfumerie

    Le monde est une chose tellement complexe qu'il est impossible de le percevoir dans son intégralité. Cela dit, il est parfois possible d'essayer de le percevoir un peu mieux, même momentanément. C'est ce qui m'est arrivé après que j'aie fait un atelier de création de parfum à Paris. Soudain, je me suis mis à voir le monde différemment. L'être humain dispose de cinq sens, mais il en est deux qu'il utilise tout particulièrement : le visuel et l'auditif. Quant aux autres, il a généralement tendance à les négliger. Il est par exemple très peu de jeux pour enfants axés sur le toucher ou l'odorat. Ce dernier est mis de côté, parce que trop primitif à notre goût, alors que c'est un sens extrêmement puissant, qui nous guide chaque jour à notre insu. Bref, j'ai adoré cet atelier très insolite. Si vous vous lancez un jour dans un atelier de ce genre, cela dit, il vaut mieux savoir que concevoir un parfum n'est pas une tâche facile. On ne s'improvise pas maître-parfumeur. Les millions de combinaisons possibles sont un sacré casse-tête pour un débutant. En plus, certaines senteurs a priori désagréables peuvent s'avérer utiles quand elles sont mélangées aux autres. Un vrai challenge, en somme. Et puis, même si vous parvenez à former une note de fond parfaite, cela ne veut pas dire pour autant que votre note de tête ne va pas venir la gâcher. Tout ça pour dire qu'il est peu probable que vous puissiez faire un excellent parfum en l'espace d'un seul atelier. En ce qui me concerne, la fragrance que j'ai élaborée me rappelle furieusement ce cendrier en pâte à sel tout tordu que m'a offert mon garçon pour la fête des pères : j'en suis fan (même si je ne fume pas), mais quand j'invite des gens à la maison, je le cache au fin fond d'un tiroir ! :-) Pour autant, l'expérience est si fascinante à vivre que je ne regrette pas de l'avoir tentée. Je pourrais même recommencer, un de ces jours. Et qui sait si, cette fois, je ne réaliserai pas un parfum que Jean-Baptiste Grenouille ne renierait pas... :-) Pour ceux que ça intéresse, voici le site par lequel je suis passé pour cet atelier de création de parfum à Paris.

  • Emplois fictifs : le Modem aussi

    Dans les colonnes du Parisien, un ex-assistant de l'ancien député européen centriste Jean-Luc Bennahmias raconte comment il oeuvrait pour le MoDem et non pas pour l'assemblée bruxelloise. L'affaire des collaborateurs de députés du Parlement européen, longtemps circonscrite au Front national, contamine de plus en plus la galaxie Macron. Près de dix jours après l'ouverture d'une enquête préliminaire visant 19 eurodéputés français -parmi lesquels figure l'actuelle ministre MoDem Marielle de Sarnez-, un témoignage publié par Le Parisien ce jeudi craquelle un peu plus le verni de probité tant défendu par le chef de l'Etat et ses alliés centristes. En somme, il accrédite l'idée selon laquelle le parti de François Bayrou aurait fait rémunérer certains de ses employés installés à Paris via l'enveloppe fournie par le Parlement européen pour rémunérer les assistants parlementaires de ses élus. Ce qui est illégal si le travail fourni n'a rien à voir avec des activités parlementaires bruxelloises. Le quotidien a interrogé un ancien assistant de Jean-Luc Bennahmias, député européen issu du MoDem de 2004 à 2014. Cet ex-collaborateur a fourni, mercredi, au parquet de Paris plusieurs documents, notamment son contrat de travail qui le rattachait en 2010 à l'UDF, l'ancêtre du MoDem. Dès le lendemain de la signature de ce contrat, le parti centriste lui a présenté un avenant, qui faisait de lui un "collaborateur" à temps partiel de l'eurodéputé. Problème, cette fonction élective n'étant pas précisée sur l'avenant, ce dernier n'obligeait en rien l'assistant à se cantonner à des dossiers européens. Comme le rapporte par ailleurs le site du Point, le volume horaire à fournir dans le cadre de ce travail auprès de l'élu n'était également pas mentionné. S'ajoute à cela le fait qu'il ne croisait que très rarement Jean-Luc Bennahmias au siège parisien du MoDem, situé rue de l'Université. "J'avais plutôt moins de relations avec lui qu'avec Marielle de Sarnez ou François Bayrou", déclare-t-il au Parisien. Contacté par FranceInfo, Jean-Luc Bennahmias déclare "ne plus bien se souvenir de sa mission". "Il devait gérer ma communication lorsque je montais à Paris", raconte-t-il. L'homme n'a jamais mis les pieds dans la circonscription européenne de son élu, celle du Sud-Est, ni au Parlement européen. Mais grâce à l'avenant, qui modifiait le contrat de permanent du MoDem, l'assistant touchait un salaire provenant à la fois du MoDem (sous l'en-tête "UDF") et de l'association de financement européenne présidée par Jean-Luc Bennahmias. Selon les documents obtenus par Le Point, la part des revenus issus de Bruxelles a progressivement augmenté, atteignant à un stade les trois quarts du salaire total du collaborateur. Enfin, le témoin raconte au Parisien qu'un autre collaborateur de l'eurodéputé lui a demandé une "signature en blanc", dont il soupçonne qu'elle a servi à établir un contrat d'assistant parlementaire au Parlement européen. Interrogé à la fois par Le Parisien et par le site du Point, Jean-Luc Bennahmias ne nie pas les faits, mais s'avère incapable de se souvenir du quota horaire effectué par son assistant. "Comment distinguer la fonction européenne de celle du MoDem, demande-t-il, alors que nous étions tous des spécialistes de l'Europe?"