Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

La politique de formation initiale dans l’enseignement

Si la politique de formation initiale (depuis les IUFM jusqu’aux Espé) a bien pris en compte la nécessaire formation des enseignants novices, la formation continue, qui a servi de variables d’ajustement budgétaire, est depuis deux décennies en très net recul. Loin d’être obligatoire, comme dans d’autres pays européens, 76 % des enseignants de collège ont suivi une activité de formation continue durant l’année 2012, contre 88 % en moyenne dans les pays de l’OCDE (Enquête TALIS 2013, OCDE). Or, durant les deux dernières décennies, comme l’ont montré les conférences de consensus sur la numération (2015) et la lecture (2016), la recherche met en évidence l’efficacité d’une multiplicité de stratégies d’enseignement capables de faire progresser des élèves aux profils très variés socialement et culturellement et des classes scolairement de plus en plus hétérogènes. Nombre de pays étrangers ont d’ailleurs incorporé ces résultats dans leur formation continue. Faute d’accéder à des actions de développement personnel ambitieux, les enseignants se sont limités soit à la reproduction de méthodes pédagogiques traditionnelles, peu efficaces pour les élèves les plus défavorisés, soit ont développé des ersatz de méthodes innovantes… Les recherches menées pour la conférence de consensus sur la numération (Cnesco, 2015) montrent un enseignement, en éducation prioritaire, davantage axé sur des séances constituées de tâches réduites, correspondant à des exigences limitées, une faible fréquence des phases de synthèse des connaissances découvertes suivies de cours institutionnalisé et collectif, une individualisation à outrance (beaucoup de fiches d’exercices à compléter). Les aides apportées aux élèves sont souvent données au coup par coup (plutôt que dans le cadre d’une véritable démarche d’appropriation spécifique) et restent la majorité du temps procédurales, avec des visées conceptuelles limitées. Les faibles attentes des enseignants français pour leurs élèves sont bien pointées du doigt dans les comparaisons internationales de l’OCDE. Dans son rapport sur « Les élèves en difficulté : pourquoi décrochent-ils et comment les aider à réussir ? », l’OCDE (2016) étudie les caractéristiques des établissements et des pratiques pédagogiques qui marquent les contextes d’enseignement des élèves les plus en difficulté scolaire. En France, 42 % de ces élèves sont scolarisés dans des établissements où, selon le chef d’établissement, le faible niveau d’attentes des enseignants impacte leur apprentissage, contre 30 % en moyenne dans l’OCDE. Ces élèves en difficulté scolaire ne sont que 18 % au Canada et au Japon, ou 15 % en Finlande, et 14 % en Corée à être confrontés à des attentes faibles de leurs enseignants, des pays tous marqués par des inégalités sociales à l’école plus faibles.

Les commentaires sont fermés.