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  • Le Lake District en luxe

    Il y a deux semaines, mon épouse et moi avons profité des charmes d'un hôtel extraordinaire, l'un des plus beaux hôtels de. N'étant pas là pour faire de la pub, je ne donnerai pas le nom de l'établissement. C'était simplement un 5 étoiles avec tout le luxe propre à ce type d'hôtel : villa privée, douche où l'on aurait pu tenir à quatre, cuisine raffinée, room-service qui se plie en quatre pour vous servir... A ces commodités s'ajoutait bien évidemment le cadre, extraordinaire. Notre chambre était sur pilotis et nous pouvions ainsi plonger dans la mer turquoise depuis la terrasse ! Tout au long de notre séjour, nous avons eu l'impression de rêver. Pourtant, dans le même temps, nous nous sommes rapidement faits à ce train de vie princier ! Le problème inhérent à un tel séjour, cependant, c'est qu'il a une durée limitée. Il fallait bien, à un moment, que nous revenions. De retour de ce voyage surréaliste, nous avons donc retrouvé les éléments qui caractérisent notre quotidien : la vaisselle qui ne se fait pas comme par magie ; le nettoyage à faire chaque semaine ; la voiture à conduire au garage parce qu'elle a encore un problème électronique... Bref, autant le séjour était prodigieux, autant le retour a été un peu difficile. Alors qu'on était très satisfait de sa vie avant de partir, on est revenu dépité en découvrant notre petit chaumière. Depuis notre retour, ma femme a carrément le blues. Du coup, j'en viens à me poser une question : ce type de séjour n'est-il pas à éviter ? Un voyage de luxe, ça revient peut-être un peu à prendre de la cocaïne. On est bien sur le moment, mais ensuite, le retour à la réalité fait mal. Je n'ai jamais goûté à la cocaïne : cela ne me viendrait pas à l'idée, sachant le manque qui en résulterait. Mais alors, pourquoi partir dans un hôtel de luxe qui provoquera le même manque ? Ce « choc thermique » me paraît un peu malsain. Mais apparemment, je suis la seule personne à me poser cette question. Mon épouse, quant à elle, noie son blues en cherchant déjà notre prochaine virée en amoureux. Je serais même prêt à parier qu'elle envisage de nous faire retourner à cet hôtel. C'est clairement l'un des plus beaux hôtels d’Angleterre, mais je me demande si nous ne devrions pas dormir en caravane, comme par le passé. Ce n'était pas si mal, en définitive. Et au moins, ça évite de se sentir pauvre une fois revenu à la maison ! Davantage d'information sur les plus beaux hôtels du monde en surfant sur le site internet spécialisé.

     

  • La politique de formation initiale dans l’enseignement

    Si la politique de formation initiale (depuis les IUFM jusqu’aux Espé) a bien pris en compte la nécessaire formation des enseignants novices, la formation continue, qui a servi de variables d’ajustement budgétaire, est depuis deux décennies en très net recul. Loin d’être obligatoire, comme dans d’autres pays européens, 76 % des enseignants de collège ont suivi une activité de formation continue durant l’année 2012, contre 88 % en moyenne dans les pays de l’OCDE (Enquête TALIS 2013, OCDE). Or, durant les deux dernières décennies, comme l’ont montré les conférences de consensus sur la numération (2015) et la lecture (2016), la recherche met en évidence l’efficacité d’une multiplicité de stratégies d’enseignement capables de faire progresser des élèves aux profils très variés socialement et culturellement et des classes scolairement de plus en plus hétérogènes. Nombre de pays étrangers ont d’ailleurs incorporé ces résultats dans leur formation continue. Faute d’accéder à des actions de développement personnel ambitieux, les enseignants se sont limités soit à la reproduction de méthodes pédagogiques traditionnelles, peu efficaces pour les élèves les plus défavorisés, soit ont développé des ersatz de méthodes innovantes… Les recherches menées pour la conférence de consensus sur la numération (Cnesco, 2015) montrent un enseignement, en éducation prioritaire, davantage axé sur des séances constituées de tâches réduites, correspondant à des exigences limitées, une faible fréquence des phases de synthèse des connaissances découvertes suivies de cours institutionnalisé et collectif, une individualisation à outrance (beaucoup de fiches d’exercices à compléter). Les aides apportées aux élèves sont souvent données au coup par coup (plutôt que dans le cadre d’une véritable démarche d’appropriation spécifique) et restent la majorité du temps procédurales, avec des visées conceptuelles limitées. Les faibles attentes des enseignants français pour leurs élèves sont bien pointées du doigt dans les comparaisons internationales de l’OCDE. Dans son rapport sur « Les élèves en difficulté : pourquoi décrochent-ils et comment les aider à réussir ? », l’OCDE (2016) étudie les caractéristiques des établissements et des pratiques pédagogiques qui marquent les contextes d’enseignement des élèves les plus en difficulté scolaire. En France, 42 % de ces élèves sont scolarisés dans des établissements où, selon le chef d’établissement, le faible niveau d’attentes des enseignants impacte leur apprentissage, contre 30 % en moyenne dans l’OCDE. Ces élèves en difficulté scolaire ne sont que 18 % au Canada et au Japon, ou 15 % en Finlande, et 14 % en Corée à être confrontés à des attentes faibles de leurs enseignants, des pays tous marqués par des inégalités sociales à l’école plus faibles.