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L’argent ne fait pas le bonheur

« L’argent ne fait pas le bonheur » ; cet adage sous-tend la motivation générale de tout un courant de l’analyse économique « comportementale » (behavioral en anglais) qui s’écarte légèrement de la méthode commune en économie, soit parce qu’elle remet en cause les hypothèses fondamentales sur lesquelles repose l’axiomatique de la discipline soit parce qu’elle choisit parfois d’étudier directement les jugements de satisfaction au lieu de s’en tenir à l’observation des choix en actes, réputés plus fiables. Sceptique à l’égard de l’axiome fondamental de l’analyse économique, à savoir le fait que les individus opèrent des choix cohérents entre eux et de nature à maximiser un objectif de bien être, ce courant de l’analyse économique va parfois jusqu’à douter de la lucidité des agents, et de l’objectif qu’on leur prête. Tout en demeurant dans le giron de l’analyse « néo-classique », « orthodoxe » qui conserve l’individu comme élément ultime d’observation et d’analyse, les économistes de ce courant sont largement ouverts aux intuitions venues d’autres sciences sociales et humaines : imitation, effets de pairs, comparaisons, adaptation, impatience, etc. Dans ces conditions, on comprend que l’une des premières questions soulevées par ces économistes « comportementalistes » porte sur l’utilité réellement procurée par la consommation et son instrument : le revenu. La modélisation des choix du consommateur cherchant à maximiser son bien-être constitue en effet la pierre angulaire de la théorie économique de base (à côté de la modélisation des choix du producteur). Au-delà de ces aspects méthodologiques, l’analyse du lien entre revenu et croissance est lourde d’enjeux pratiques : travailler plus pour gagner plus, certes, mais à condition que cela rende les gens plus heureux et qu’ils aient fait ce choix de manière lucide. Sinon, à quoi bon ?

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