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  • Freiner dans l'air

    Le week-end dernier, j'ai expérimenté un stage de pilotage d'avion à Nantes. Je n'avais encore jamais fait et je ne savais pas trop à quoi m'attendre, mais je n'ai aucun regret : les sensations aux commandes d'un biplace sont particulièrement agréables ! On est tellement habitués à voler sur des Boeing qu'on pourrait penser que le vent n'existe pas en altitude. Mais c'est loin d'être le cas, et dans un petit avion, on peut difficilement oublier sa présence ! À mon sens, ce décalage qu'il y a entre gros et petits appareils peut très bien s'appliquer au macrocosme du travail. Quand on évolue au sein d'une grande société, on a en effet généralement tendance à se déconnecter de certains détails. Observez comme Altice n'arrive plus à remonter la pente depuis l'entrée en jeu de Free. Un million et demi de clients ont déjà abandonné SFR, et ça continue. Patrick Drahi a beau tenter de colmater la brèche, il arrive trop tard : la hausse des tarifs a fait des dégâts considérables dans l'esprit des clients. La façon dont cette hausse a été mise en place est tout simplement lamentable : les clients ont quand même été inscrits obligatoirement à des options payantes. Drahi prend donc ses rêves pour des réalités s'il pense pouvoir stabiliser SFR : je crois que pas mal de clients sont actuellement en train de changer d'opérateur. Lors d'une intervention à Barcelone, Drahi a rappelé qu'ils devaient mieux prendre en considération « les détails ». Une prise de conscience tardive, certes, mais qui indique bien comme les grosses entreprises oublient facilement ces « détails » (qui sont loin d'en être, au passage). Les éminences grises qui ont tenu à imposer à leurs clients des chaînes payantes dont ils ne voulaient sont complètement aveugles aux attentes de leur clientèle. Idem pour les banques qui condamnent à souscrire à tout un tas de services pour obtenir le moindre prêt, et qui se plaignent ensuite parce que leurs clients préfèrent les banques en ligne. Mais bah, ces entreprises permettent, par leur aveuglement, à d'autres d'émerger et de venir les remplacer. Sinon, si vous n'avez jamais fait, vous devriez vraiment tester le pilotage d'avion : c'est assez fabuleux et on en ressort avec des étoiles plein les yeux. Voilà le site où j'ai trouvé mon vol, si ça vous intéresse : il donne une bonne idée de ce qu'était mon stage. Plus d'information sur cette activité de pilotage avion à Nantes en surfant sur le site de l'organisateur.

  • L’argent ne fait pas le bonheur

    « L’argent ne fait pas le bonheur » ; cet adage sous-tend la motivation générale de tout un courant de l’analyse économique « comportementale » (behavioral en anglais) qui s’écarte légèrement de la méthode commune en économie, soit parce qu’elle remet en cause les hypothèses fondamentales sur lesquelles repose l’axiomatique de la discipline soit parce qu’elle choisit parfois d’étudier directement les jugements de satisfaction au lieu de s’en tenir à l’observation des choix en actes, réputés plus fiables. Sceptique à l’égard de l’axiome fondamental de l’analyse économique, à savoir le fait que les individus opèrent des choix cohérents entre eux et de nature à maximiser un objectif de bien être, ce courant de l’analyse économique va parfois jusqu’à douter de la lucidité des agents, et de l’objectif qu’on leur prête. Tout en demeurant dans le giron de l’analyse « néo-classique », « orthodoxe » qui conserve l’individu comme élément ultime d’observation et d’analyse, les économistes de ce courant sont largement ouverts aux intuitions venues d’autres sciences sociales et humaines : imitation, effets de pairs, comparaisons, adaptation, impatience, etc. Dans ces conditions, on comprend que l’une des premières questions soulevées par ces économistes « comportementalistes » porte sur l’utilité réellement procurée par la consommation et son instrument : le revenu. La modélisation des choix du consommateur cherchant à maximiser son bien-être constitue en effet la pierre angulaire de la théorie économique de base (à côté de la modélisation des choix du producteur). Au-delà de ces aspects méthodologiques, l’analyse du lien entre revenu et croissance est lourde d’enjeux pratiques : travailler plus pour gagner plus, certes, mais à condition que cela rende les gens plus heureux et qu’ils aient fait ce choix de manière lucide. Sinon, à quoi bon ?