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Diminuer l’éclatement des spécialités

L’hyper spécialisation qui caractérise l’enseignement professionnel contribue à sa faible lisibilité et constitue un défi de taille pour tous les prescripteurs en orientation. Cette spécialisation est d’autant plus paradoxale que malgré une offre de spécialités importante, les élèves se concentrent sur quelques spécialités. Il existe ainsi un décalage entre une forte demande qui s’exprime vers certaines formations, et ce sur l’ensemble du territoire, et une offre de spécialités qui demeure largement inexploitée. En particulier les spécialités des services accueillent les flux les plus importants de jeunes, alors que l’insertion professionnelle mais aussi les poursuites d’études, y sont moins favorables que dans d’autres secteurs. La mission demande que l’on prenne en compte le discours porté par certains représentants du monde artisanal ou industriel, qui indiquent ne pas pouvoir trouver la main d’œuvre qu’ils recherchent, alors que dans le même temps on observe une concentration excessive de jeunes dans quelques spécialités tertiaires. De toute évidence, la forte spécialisation de la voie professionnelle ne constitue pas une réponse pertinente à la demande sociale des jeunes et des familles, laquelle s’exprime avant tout à l’endroit de quelques formations. Elle ne répond pas davantage aux attentes des milieux professionnels qui en appellent toujours à davantage de polyvalence et de compétences dites transversales. Ces dernières sont, aujourd’hui, perçues comme indispensables à une adaptation rapide aux évolutions technologiques, numériques, environnementales, etc., qui transcendent l’ensemble des secteurs de l’activité économique. Dans les faits, cette spécialisation des certifications relève parfois moins d’une nécessité d’adaptation des formations aux emplois que de luttes d’influence entre les différents acteurs qui interviennent dans le cadre du processus de construction d’un diplôme professionnel. Ainsi, autant la rénovation et/ou la création d’un diplôme s’envisage sans trop de difficulté, autant la suppression d’une spécialité devient moins aisée. La mission recommande de créer les conditions d’une meilleure lisibilité des parcours dans la voie professionnelle en regroupant les spécialités par grandes familles de métiers. Ce travail d’identification de compétences communes pourrait, en outre, favoriser une évolution du périmètre de chacune des commissions professionnelles consultatives (CPC), dont chacun s’accorde à reconnaître que l’organisation actuelle permet difficilement de prendre en compte les compétences transversales.

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